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Un jambon, un miel ou un fromage ne naît pas « produit de terroir » parce qu’on lui colle une jolie étiquette avec une ferme et trois brins d’herbe. Il lui faut des racines, une histoire, une méthode et des preuves. En Wallonie, AgriLabel aide précisément les producteurs à rassembler tout cela. Une besogne sérieuse, parfois longue, mais indispensable pour faire reconnaître officiellement ce que les artisans savent déjà : leur produit n’est pas tout à fait comme les autres.

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Créée en 2017 par le Service public de Wallonie, AgriLabel n’est pas un label commercial auquel on adhère en remplissant un formulaire. C’est une structure d’accompagnement chargée d’aider les producteurs wallons à obtenir une reconnaissance officielle : Appellation d’origine protégée (AOP), Indication géographique protégée (IGP), Spécialité traditionnelle garantie (STG) ou label régional Qualité Plus. AgriLabel accompagne gratuitement les producteurs, son intervention étant financée par la Wallonie.
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Autour de la table, chacun apporte son couteau. Le laboratoire QSPA de Gembloux Agro-Bio Tech analyse le produit, ses ingrédients, son procédé de fabrication et ses qualités organoleptiques. Le département PolleN de l’Université de Namur fouille les archives, interroge la mémoire et établit le lien avec le terroir.
Ensemble, ils donnent au produit un corps et un passé. Ils rédigent surtout le fameux cahier des charges : la bible qui précise où, comment et avec quoi le produit doit être fabriqué.
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AgriLabel s’adresse aux agriculteurs, artisans, transformateurs et groupements de producteurs wallons convaincus de la singularité de leur produit. Plusieurs spécialités ont bénéficié de cet accompagnement : la Plate de Florenville, le Saucisson d’Ardenne, l’Escavèche de Chimay, le Saucisson gaumais ou encore le Miel wallon.
Pour une reconnaissance européenne, plusieurs producteurs doivent généralement se rassembler dans un groupement. La démarche ne protège donc pas une recette jalousement enfermée dans une armoire : elle défend une dénomination collective, un savoir-faire partagé et un territoire.
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La première étape consiste simplement à prendre contact avec AgriLabel. L’équipe examine le produit et détermine la reconnaissance la plus adaptée. Producteurs et experts constituent ensuite le dossier, décrivent la fabrication, documentent l’histoire et bâtissent le cahier des charges. Celui-ci est déposé auprès du SPW, évalué par des experts puis, pour les reconnaissances européennes, transmis à la Commission européenne. Une fois reconnu, le produit reste soumis au contrôle d’un organisme certificateur indépendant.
La procédure demande du temps, des preuves et une solide volonté collective. Mais au bout du chemin, le produit gagne davantage qu’un logo : un nom protégé, une crédibilité officielle et une place durable dans le garde-manger wallon.