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GAL : le circuit court se joue collectif

30-08-2026 – Produire local, c’est une chose. Organiser le local, c’en est une autre. En Wallonie, les Groupes d’Action Locale (GAL) jouent précisément ce rôle de trait d’union entre communes, producteurs, citoyens, associations et entreprises. Ils ne vendent pas des carottes et ne fabriquent pas de fromage. Ils créent les conditions pour que ceux qui le font puissent mieux travailler ensemble. Dans le circuit court, cette mécanique territoriale peut transformer une addition de producteurs en véritable écosystème alimentaire.

Un Groupe d’Action Locale est un partenariat public-privé constitué autour de plusieurs communes rurales ou semi-rurales. Il met en œuvre une stratégie de développement construite avec les acteurs du territoire. En Wallonie, les GAL s’inscrivent dans le programme européen LEADER, intégré à la Politique agricole commune. Pour la programmation 2023-2027, 21 GAL ont été sélectionnés. Chacun dispose d’une enveloppe pouvant atteindre 1,7 million d’euros pour développer différents projets répondant à sa stratégie locale.

On résume parfois le circuit court à une équation géographique : produire ici et vendre ici. C’est un peu court, justement. Sa caractéristique essentielle réside dans la réduction du nombre d’intermédiaires entre producteur et consommateur. Vente à la ferme, marchés, paniers, groupements d’achats ou commerces locaux peuvent participer à cette logique. Mais pour fonctionner durablement, cette économie a besoin d’organisation. Un maraîcher sait cultiver. Un fromager sait affiner. Un éleveur connaît ses bêtes. Aucun n’a nécessairement le temps, les compétences ou les moyens de créer seul une filière, un réseau logistique ou une stratégie territoriale.

C’est ici que le GAL devient intéressant. Sa méthode est dite ascendante : les projets doivent émerger des besoins du terrain plutôt que descendre d’une administration sous forme de solution préfabriquée. Communes, citoyens, agriculteurs, associations et entreprises peuvent ainsi participer à la construction d’initiatives communes. Dans le domaine alimentaire, cela peut favoriser la mise en réseau des producteurs, soutenir des outils collectifs, stimuler la diversification agricole, faciliter la rencontre avec les consommateurs ou contribuer à faire émerger de nouvelles formes de commercialisation.

Voilà probablement l’intérêt majeur du GAL pour le circuit court : il raisonne en territoire plutôt qu’en produit. Une pomme n’est plus seulement une pomme. Elle appartient à une exploitation, à un paysage, à une économie, parfois à une offre touristique et toujours à une histoire humaine. Le GAL peut donc contribuer à relier agriculture, alimentation, tourisme, patrimoine, environnement et économie rurale. Cette transversalité est d’ailleurs au cœur du programme LEADER.

Le défi du circuit court wallon n’est plus seulement de découvrir des producteurs. Il est de les connecter, de structurer leur visibilité et de créer des usages autour de leurs produits. C’est précisément là que le GAL prend tout son sens. Il ne remplace ni le producteur ni le commerçant. Il fabrique du lien entre eux. Et dans une économie locale, le lien est peut-être le circuit le plus court de tous.