La Ferme de l’Abreuvoir – Tournay

À la barre

À la Ferme de l’Abreuvoir, Simon Menot exerce un métier en trois temps : paysan, meunier et boulanger. Lorsqu’il s’installe à Tournay en 2015, il commence par aménager son atelier de boulangerie et semer de l’épeautre et du seigle. Son objectif est clair : maîtriser toute la chaîne de fabrication, depuis la culture des céréales jusqu’à la cuisson du pain. Il mène aujourd’hui ce projet avec son épouse, Manoëlle Vanschepdael, au sein d’une ferme également tournée vers l’élevage, le maraîchage et l’écotourisme. Camille et Étienne ont rejoint l’équipe en 2025 afin de renforcer la boulangerie et les livraisons. Une aventure familiale qui replace le pain au cœur du paysage agricole ardennais.

Localisation
Rue de l’Abreuvoir 12, 6840 Tournay (Neufchâteau).

L’ambiance

Ici, la boulangerie ne se cache pas derrière une devanture urbaine. Elle vit au rythme d’une ancienne ferme ardennaise, des semis, des récoltes, du moulin et des fournées. Les sacs de grains, les farines fraîchement moulues et le four chauffé au bois rappellent que chaque miche commence bien avant le pétrissage. La rencontre avec le producteur permet de comprendre le parcours de l’épeautre et du seigle, depuis la parcelle jusqu’à la table. L’atmosphère demeure simple, chaleureuse et profondément rurale. On ne vient pas seulement acheter un pain : on découvre une ferme qui a décidé de reprendre la main sur l’ensemble de sa production.

Les produits

La Ferme de l’Abreuvoir cultive principalement de l’épeautre et du seigle en privilégiant des pratiques respectueuses du sol. Les cultures sont conduites sans labour et sans pesticides, fongicides ou insecticides. Les grains sont ensuite transformés à la ferme dans un moulin de type Astrié équipé de meules de pierre. Cette mouture douce permet de préserver les caractéristiques naturelles du grain et de produire des farines sans additifs.

Les pains sont élaborés exclusivement au levain naturel et façonnés principalement à la main. La cuisson s’effectue au feu de bois, directement sur une sole de pierre. Ce procédé favorise la formation d’une croûte épaisse et aromatique tout en conservant une mie souple et typée. Les pains d’épeautre et de seigle présentent une saveur céréalière affirmée ainsi qu’une bonne capacité de conservation. Les farines de la ferme permettent également aux amateurs de prolonger l’expérience dans leur propre cuisine.

Ce qu’on a aimé

On apprécie la cohérence totale du projet. Simon Menot ne se contente pas de sélectionner une farine locale : il cultive les céréales, les transforme et les boulange lui-même. Le levain naturel, la mouture sur meules de pierre et la cuisson au feu de bois ne sont donc pas des arguments ajoutés après coup, mais les éléments constitutifs de la démarche. Le pain possède une identité profondément liée au sol qui a produit le grain. Une adresse exemplaire pour comprendre ce que signifie réellement l’expression « du champ à l’assiette ».